Le culte de la minceur : un phénomène de taille

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Crédit photo: Jessy Luke

Il y a quelques temps, nous avons reçu le commentaire ci-dessous. Nous avons largement mijoté notre réponse (là vous vous dites « c’est mieux d’être bon ») car l’ampleur de ce sujet mérite que nous allions au-delà des apparences et l’approfondissions. Bref, loin de nous l’idée de sombrer dans de maigres propos, des idées-bourrelets pré-construites, des lignes toutes tracées, et de tourner les courbes rondes (Bon, les sociologues délurées sont en feu, est-ce que cela paraît qu’elles ont été à la diète de blogue tout l’été?).

Pour ne pas prendre ce sujet à la légère, nous avons donc pesé des arguments de poids.

Merci pour cette clinique virtuelle!
Pour ma part bien que je sache que c’est une pression de la société, depuis que j’ai pris pas mal de poids dans les dernières années, je suis obsédée par celui-ci (tiens l’autre nuit j’ai rêvé qu’une petite fille me traitait de grosse, je lui « pitchais » une brique et le prince William venait s’en mêler!).
Ensuite je sais que les modèles de beauté ne sont pas réalistes, je sais que même si je me mets en forme je ne perdrai pas nécessairement du poids, mais tout cela me déprime.
Et ensuite je me culpabilise de me culpabiliser (la belle affaire!).

Merci pour ce blogue! (Nous : « Le plaisir est extra-largement partagé »)

utopia24

Bonjour utopia 24,

Tout d’abord, nous voudrions vous remercier pour votre commentaire. Il nous a donné l’idée d’écrire un livre sur la signification sociologique des rêves (la sociologie est sans limites, vous commencez à le comprendre).  Nous en aurions long à dire sur le symbolisme de la brique et du prince William mais le sujet qui nous intéresse ici et qui semble vous préoccuper davantage est celui du culte de la minceur. C’est donc de lui que nous traiterons dans cet article.

Vous vous en doutez bien, vous n’êtes pas la seule à être obsédée par votre poids et à vous dire insatisfaite de celui-ci. Citons ici quelques exemples statistiques.

« Un sondage réalisé en 2007 rapportait que, chez les personnes de poids normal, 62 % des femmes et 44 % des hommes tentent de perdre du poids (SOM et Association pour la santé publique du Québec, 2007). De plus, ce même sondage montre que, pour les répondants, les trois principales causes de la préoccupation excessive à l’égard du poids sont liées à l’image : les images diffusées dans la société (27 %), dans les médias (27 %) et par la mode (14 %). Enfin, une enquête de santé auprès des enfants et des adolescents québécois (Ledoux, Mongeau et Rivard, 2002) a aussi révélé que 35 % des fillettes de 9 ans disaient essayer de perdre du poids et que 60 % des adolescentes souhaitaient avoir une silhouette différente de la leur, quel que soit leur poids. »[1]

Alors non seulement, il y a une large population qui se préoccupe de son poids mais cette préoccupation semble être de plus en plus précoce.

Pourquoi autant de femmes veulent être minces?

Les magazines féminins, les stars et les mannequins sont souvent les premiers cités au banc des accusés lorsque vient le temps de trouver la source de ce culte de la minceur. En est-il ainsi? La réponse est elle aussi simple?

Certes, les magazines féminins font la promotion de la minceur et exhibent des corps auxquels seulement 5% des femmes peuvent correspondre. Comme vous le dites, les modèles de beauté ne sont pas réalistes. Cependant, le fait qu’ils ne soient pas réalistes ne les empêche pas d’exercer une réelle pression sur les consciences féminines. Nous pourrions même affirmer, fidèle à notre blogue-identité, que ces corps émincés sont les moules-modèles de notre fabrication féminine en série. Alors comment sont fabriqués ces modèles? Quels intérêts et fins servent-ils?

Pour qui être mince?

Nous devons en premier lieu comprendre que le culte de la minceur est le socle de toute une industrie. L’industrie de la minceur fait référence non seulement au monde de la mode (vêtements, accessoires, maquillages, magazines, gaines…), mais aussi aux produits amaigrissants (diète, crème, pilule, coupe-faim, tisane), aux produits allégés (yogourt et fromage sans gras, lait écrémé, confiture sans sucre, bacon sans cholestérol, vinaigrette légère, boisson gazeuse 0 calorie…), aux produits pédagogiques valorisant la minceur (livre, vidéo, formation, coach, clinique), aux machines et appareils minceur de tout acabit, aux gyms et programmes sportifs minceur, sans oublier la chirurgie esthétique (liposuccion, « sculptage » du corps)…Ouf! Vous comprenez que nous parlons ici d’une industrie qui génère des milliards de profit. À ce sujet, en écoutant l’émission « Légitime dépense » à Télé-Québec le 13 février dernier,  nous avons appris ceci:  «En 2008,  le marché de l’amaigrissement était estimé à plus de 62 milliards de dollars aux États-Unis, et l’on évalue que le marché mondial de ce secteur d’activité atteindra 624 milliards de dollars en 2014. »[2]

DONC FABRIQUEZ-NOUS MINCE EN SÉRIE C’EST PAYANT!

Pourquoi la minceur dites-vous? 

Est-ce parce-que c’est dans la nature humaine de vouloir être mince?  Vous vous doutez bien que nous ne sommes pas partisanes de cette théorie naturaliste. L’idéal de la minceur n’est pas une réalité atemporelle et universelle.
Un simple exercice historique nous le prouve bien et ce, pas besoin de remonter aux temps immémoriaux où l’homme préhistorique chassait le mammouth puisque Marilyne Monroe, sexe symbole de son époque, portait du 14.  Aujourd’hui, cette dernière serait mannequin pour Addition Elle.
Il existe des modèles culturels non-occidentaux où la minceur n’est pas associée à un idéal féminin de beauté.  Nous pouvons ici citer l’exemple de la Hajba, coutume tunisienne de l’île de Djerba, qui consiste à engraisser les jeunes femmes avant le mariage.  Selon cette coutume, la promise est gavée systématiquement aux 30 minutes pendant 4 à 5 semaines avec du pain trempé dans l’huile, du sucre et des œufs.  De quoi faire retourner Montignac dans sa tombe, et ce, même s’il n’est pas mort!

(Notons entre parenthèses (c’est tellement drôle de faire des parenthèses dans des parenthèses) que cette pratique est mise en péril par un processus d’acculturation et qu’une uniformisation culturelle, exacerbée par les médias de masse, entraîne un changement dans la représentation du corps chez les femmes de l’île de Djerba.)

Dans les cultures traditionnelles comme sur l’île de Djerba, le corps est perçu comme un outil de production qui permet la survie.  Il est jugé en fonction de ses capacités à accomplir une tâche physique  (comprenant les accouchements multiples, les travaux manuels, les déplacements non-motorisés, etc.).  Dans ces circonstances, nous comprenons que l’idéal du corps de la femme et sa richesse se juge en fonction de ses rondeurs. Mais qu’en est-il dans une culture moderne, voir postmoderne, qui ne valorise plus les familles nombreuses, le travail manuel, la force physique et la survie quotidienne?  Dans une culture où les représentations et les techniques dominantes du corps sont l’hexis corporelle de la grande bourgeoisie (une autre expression théorique fortement intéressante que vous pourriez utiliser pour faire fureur auprès de vos convives lors d’un souper en leur expliquant que l’hexis corporelle est la manière de se tenir, de parler, de marcher en lien avec nos façons de sentir et de penser ou quelque chose comme cela, genre…).

C’est à l’aune d’un corps valorisé pour sa forme et son esthétisme que l’idéal de beauté du corps de la femme moderne sera évalué. Esthétisme et forme pouvant être atteint par un travail constant sur son corps, un contrôle de soi ainsi que des gestes de prévention en matière de santé, et cela, tout bourgeois ne se salissant pas les mains par les corvées manuelles et ménagères, jouant au polo, pratiquant l’équitation, l’escrime, maitrisant l’élégance, le maintien et l’étiquette à la table, depuis le 18e siècle et ce, de générations en générations, le sait.

La domination culturelle bourgeoise s’étant institutionnalisée (École, Justice, Médecine, et Journaux : sont toutes des institutions provenant de la culture bourgeoise), l’idéal du corps mince et ferme, en traversant les classes sociales est devenu un objet de désir et d’ascension sociale pour les petits et moyens bourgeois, les classes populaires ainsi que pour la « classe moyenne ». C’est ce que Bourdieu, feu sociologue français, nomme le processus de domination symbolique ou culturelle. Nous voyons ici que la domination de la classe bourgeoise dépasse la domination strictement économique en venant modeler les idéaux et les aspirations des autres classes, y compris celles relatives au corps.

Ici nous pouvons faire un lien direct entre cette domination culturelle et l’un des principaux protagonistes de votre rêve, nous avons nommé le prince William, puisque ces beaux-parents, donc les parents de Kate qui incarne cet idéal de la minceur, sont issus de la haute bourgeoisie. Ouf…quelle perspicacité dans cette lecture onirique!

Quand être grosse est une maladie

Dans notre culture moderno-occidentalo-post-industrialo-capitaliste à domination bourgeoise, l’obésité est une maladie.  Les sacro-saints experts de la santé (dixit le corps médical dans son entier en passant par les médecins, les diététiciens et diététiciennes,  les infirmiers et infirmières, les entraineurs,  les physios, les ergos, etc.), en tant qu’entrepreneurs de morale,  dictent des règles qui permettent de diagnostiquer la maladie.  Ces règles, que nous appelons des normes formelles, sont produites par les institutions et orientent les approches du système de santé.

À partir des années 60, le domaine de la santé prend un tournant important au Québec.  Avec l’avènement du néo-libéralisme, les individus sont de plus en plus responsables de leur vie, de leur réussite sociale, bref, de leur bonheur.  La santé n’est pas en reste.  Dans le discours médical apparait la notion d’habitudes de vie.  Les institutions (liées à la bourgeoisie – devons-nous rappeler encore une fois)  prônent alors la prévention. Celle-ci passe inévitablement par l’adoption de saines habitudes de vie afin de rester en santé.  Sachons que le gouvernement investi une grande partie du budget de la santé dans l’éducation de la population à de meilleurs habitudes de vie (http://www.saineshabitudesdevie.gouv.qc.ca/).

Suivant le diktat des saines habitudes de vie,  il est donc maintenant important de manger les quatre groupes alimentaires, de ne pas fumer, de faire du sport, du yoga, de la relaxation, d’avoir des loisirs, de faire l’amour ( Il parait qu’il faut faire l’amour deux fois par semaine pour être un couple sain)  de prendre des vitamines, de manger bio, d’éviter le gras trans, les OGM, etc.    Vous ne faites pas tout cela?  Vous vous sentez coupable? Pire encore, coupable d’être coupable? Et bien vous êtes, en quelques sortes, un produit de la médicalisation du social.

La médicalisation du social : un contrôle social des experts de la santé

Selon cette approche néolibérale, les individus sont responsables de leur santé.  S’ils sont malades, ils sont coupables de ne pas avoir adopté les saines habitudes de vies prescrites par les experts.   Cette culpabilité que vous ressentez est donc tout à fait normale.  C’est le résultat, le produit de la médicalisation du social où des experts « institutionnalisés » de la santé prescrivent des modes de comportements à suivre pour que chaque individu soit responsable de leur santé. Experts qui sont maintenant partout.  On parle même d’une « santéisation » du social, c’est-à-dire que TOUT mais,  par ce TOUT, nous voulons dire TOUT, devient objet de prescription de santé.  C’est pourquoi, nous retrouvons des médecins dans des émissions de cuisine, dans des livres grands publics et même dans des publicités pour nous vendre toutes sortes de produits.

Quel est le meilleur argument pour vendre des soutiens-gorge?  Dire qu’ils sont recommandés par un médecin, bons pour le dos, ergo-dynamiques et vous permettant de vivre plus longtemps avec une couleur douce pour les yeux prévenant ainsi des taches cornéennes survenant chez 30% des femmes de plus de 75 ans et surtout,  améliorant votre silhouette grâce à des capteurs intégrés qui vous font faire de l’exercice sans même que vous vous en rendiez compte!  Parlez-en à votre médecin! En vente dans toutes les bonnes pharmacies!

Dans notre culture, être grosse, c’est être malade.  Mais surtout, être grosse, c’est une démonstration de notre manque de contrôle sur notre corps.  En d’autres mots, ce sont les grosses qui sont responsables de leur surpoids puisqu’elles ne respectent pas les prescriptions des experts de la santé.

Vous vous dites sûrement que cette responsabilité individuelle est tout à fait normale et/ou qu’elle est une bonne chose en soi car elle représente une émancipation, une liberté de l’individu. En fait, la réalité est beaucoup plus complexe qu’en apparence. L’individu est-il vraiment libre de maîtriser sa propre santé? Est-il vraiment le seul responsable de celle-ci s’il doit toujours s’en remettre aux experts? Il faut bien se le dire, devant ceux-ci, nous, individus non-experts de la santé, sommes des cancres.  Nous ne parlons pas  le langage ésotérique de la religion médical.  Nous n’avons pas les outils pour critiquer les diagnostiques et prescriptions qui s’immiscent dans notre vie privée.  Pour ce faire, il nous faudrait tous avoir fait des études en médecine.  Nous sommes donc condamnés à appliquer quasi-aveuglément ces règles de conduites y compris les règles concernant notre poids.

Qui plus est, les individus ne sont pas toujours libres et responsables d’adopter les prescriptions des experts surtout lorsque celles-ci ne sont pas adaptées à leur réalité matérielle et physique.

Il n’est pas toujours POSSIBLE d’adopter des saines habitudes de vie.  Nous devons comprendre qu’il y a des déterminants biologiques relatifs à la constitution physique de base, aux antécédents héréditaires, au fonctionnement de glandes et d’hormones échappant au contrôle des individus (comme il est injuste de voir quelqu’un manger ce qu’il veut et ne pas prendre un gramme alors qu’un peu trop de vinaigrette dans une salade peu en faire grossir d’autres. Il y a aussi les coûts (s’inscrire au gym coûte environ entre 30$ à 100$ par mois, ce n’est pas donné à tous surtout s’il faut aussi s’acheter les accessoires), le temps (la conciliation travail-famille ne permet pas toujours de bien manger, de faire de l’exercice, etc.) et l’accès aux ressources (certains individus n’ont pas accès à des épiceries digne de ce nom dans leur voisinage et doivent se contenter de l’offre alimentaire disponible, c’est-à-dire pour certains de 7 dépanneurs sur trois coins de rue)…

Ces éléments sont autant de freins à notre responsabilité que de cause de cette culpabilisation.

Culpabilisation exacerbée par le fait que les tentations sont nombreuses et que le risque de succomber à des produits-plaisirs-mais-oh-donc-combien-pas-santé (chips, barre de chocolats, liqueurs, frites, fritures, sucreries, beignets…) sont grands puisque l’industrie de la consommation et les médias de masse nous bombardent de mal bouffe (tout en nous bombardant de produits amaigrissants). De fait,  les individus reçoivent constamment des injonctions contradictoires :

« VOUS ÊTES RESPONSABLES DE VOTRE SANTÉ» « SUIVEZ LES CONSEILS DU MÉDECIN »

« PRENEZ  SOIN DE VOUS»  « FAITES VOUS PLAISIR»

Les individus deviennent donc captifs de cette spirale-culpabilité aliénante qui est produite par un amalgame entre la médicalisation du social, l’industrie de la consommation, les médias de masse et l’industrie de la minceur.

Donc les experts de la santé, les médias, l’industrie de la consommation ce sont les gros méchants?

Ce serait si simple. Mais la médicalisation du social est prêchée par des agents de contrôle social diversifiés et multiples en passant, bien entendu, par nous!  Vous commencez à comprendre que nous ne sommes pas seulement fabriqués en série mais que nous fabriquons aussi en série. Ainsi nous nous entendons dire lorsqu’une amie a perdu du poids « Wow t’a maigri, cela te fait bien » et ce, même si c’est après avoir été malade ou avoir vécu un épisode dépressif dans sa vie.

Or, de dire à une personne combien elle est belle en étant mince, c’est une participation au culte de la minceur.  Regarder une grosse qui mange une palette de chocolat dans l’autobus et la juger en silence « elle peut bien être grosse! », c’est aussi participer au culte de la minceur. Et ces scènes sont nombreuses dans notre théâtre quotidien.

NOUS VIVONS DANS UNE SOCIÉTÉ LIPOPHOBE!

Crédit photo: Jessy Luke

Crédit photo: Jessy Luke

Nous sommes, pour la plupart, des lipophobes pratiquants.  Ici, il est temps que les doc socio se confessent.  Nous avons déjà perdu du poids.  Quel sentiment de réussite INCROYABLE!  Offrez-nous un voyage aux Bermudes ou l’occasion de perdre 25 livres et pas une seconde d’hésitation.  Bon, une de nous, pendant que l’autre grince des dents, est fière de dire qu’elle n’a plus à perdre 25 livres car c’est déjà fait donc elle prendrait le voyage aux Bermudes finalement.  « Salope… » pense l’autre.   La jalousie la ronge.

Ce contrôle social est tellement puissant qu’il suscite des sentiments réels,  des émotions fortes.  Quelle réussite extraordinaire, quel plaisir que de perdre du poids!  Quel extase que d’aller dans un magasin et de pouvoir choisir à gauche dans le rack à vêtements, de diminuer le chiffre de sa taille de vêtements ou de baisser d’un degré dans la nomenclature de la taille (passer de large à médium ou encore mieux de médium à small… Cela donne des frissons rien qu’à y penser). Nous nous sentons tellement bien dans notre corps dans ces moments-là qu’il nous est, par conséquent, difficile de concevoir que ce bien-être est une construction sociale. Dans ces moments-là, en vérité, nous ne pouvons résister à nous pavaner, à exhiber nos plus beaux atours afin de mettre en valeur notre perte de kilos en trop, à faire des statuts Facebook qui susciteront l’admiration et les félicitations de nos pairs qui, disons-le, vivent la même spirale-culpabilité aliénante que nous.

À la lumière de ce que nous venons de développer dans cet article, la question qui nous taraude l’esprit est la suivante : Est-ce que les mêmes émotions (réussite, estime de soi rehaussé, sentiment de bien-être, saine image corporelle de soi) que nous ressentons dans notre culture moderno-occidentalo-post-industriello-capitaliste à domination bourgeoise, lorsque nous nous rapprochons de l’idéal de la minceur féminine, accompagnent la fille de l’île de Djerba lorsqu’elle prend du poids avant son mariage? Est-ce que nos émotions et nos sentiments seraient aussi fabriqués en série?

Vaste sujet, question lourde de sens!

Doc socio.

N’hésitez pas à nous suivre et à venir commenter sur notre page Facebook https://www.facebook.com/fabriquezmoienserie

En cas de rechute de spirale-culpabilité aliénante, nous vous invitons à méditer sur cette phrase de Sarah Grogan :

« se rappeler que l’image corporelle d’une personne n’est pas déterminée par la silhouette et la taille actuelles de son corps, mais par l’évaluation subjective que cette personne fait de ce que signifie avoir un tel type de corps à l’intérieur d’une culture particulière (Grogan 1999).


[1] BARIL, Gérald, PAQUETTE, Marie-Claude et GENDREAU, Marcelle. « Le culte de la minceur et la gestion sociale du risque : le cas de la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée » Sociologie et sociétés, vol. 43, n° 1, 2011, p. 204.

[2] « Combien coûte les programmes d’amaigrissement », Légitime dépense, Émission du 13 février 2012, [En ligne] http://legitimedepense.telequebec.tv/occurrence.aspx?id=310 (page consultée le 10 septembre 2012)

11 comments on “Le culte de la minceur : un phénomène de taille

  1. GUY MOREAU dit :

    J’aime ma bédaine! That’s all

  2. claurence dit :

    Merci mesdames pour cette analyse éclairée qui me réconcilie avec mon léger rembourrage.

    Je me dois cependant de vous annoncer que le bon Dr Montignac est bel et bien mort en 2010, à l’âge de 66 ans.

    D’après des sources sûres, il serait mort mince.

    Au plaisir de vous lire à nouveau.

    CL

  3. C’est bien Guy Moreau, vous assumez votre marginalité et pourquoi ne pas partir un groupe de ce nom « J’aime ma bédaine » héhéhé! 😉
    Doc socio

  4. Oui Mr. C. Laurence nous avons appris cette triste nouvelle de feu MMM (Montignac-Mort-Mince). Votre souci d’exactitude nous plaît. Ceci dit, nous tenons à exprimer nos plus larges excuses à ceux que nous avons induit en erreur. 😉

  5. Dominique Beaudoin dit :

    Voila une analyse que fait réfléchir ………………….

  6. Karouane Patine dit :

    Bravo les filles. Je ne peux qu’être d’accord avec tout. ouvertement ou en cachette a différentes occasions ou a différents moments de la vie, j’ai eu différentes réflexions autour de moi versus la minceur… avec toutes les pressions externes et images et messages.

    Personnellement, je crois que pour être bien dans sa peau, il faut se sentir en santé, sentir qu’on a de l’énergie, que notre corps fonctionne correctement et qu’on est capable de faire ce qu’on a envie de faire (de façon générale). Mais c’est sûr que l’aspect « apparence » joue un rôle aussi. Mettre mes jeans et sentir qu’on n’est plus capable d’attacher le bouton à l’avant, c’est le DÉSASTRE. Oui oui, je l’admets.. j’exagère un peu mais pas tant que ça.

    Comment alors faire pour trouver cet équilibre personnel, être zen et bien dans sa peau quoiqu’il arrive? Aah la la! 😉

  7. utopia24 dit :

    Merci pour cette réponse!
    Wow!
    J’aime particulièrement votre conclusion, et je ne saurais que dire de plus sinon que vous aidez beaucoup à mettre les choses en perspective.

    Ça m’a fait penser à plein de choses.
    Quand j’étais ado et qu’on me pensait en santé (car très mince) alors que j’engouffrais 5 barres de chocolat par jour…
    Et puis aussi cette scène étrange à l’épicerie, y’a environ 1 mois, une dame ayant envie de faire la conversation me montre son paquet de bacon, et je lui dis « ah moi je ne mange pas de ça ». Elle m’a répondu, textuellement « ah mais celui-là tu peux!! »
    J’ai froncé les sourcils car je ne comprenais vraiment pas ce qu’elle voulait dire, et là elle m’a expliqué que ce bacon là était full pas calorique, ne faisait pas grossir, goûtait bon, etc.
    Je lui ai dis que je ne mangeais pas du bacon tout court, car je n’aime pas le goût, mais elle semblait ne rien entendre.
    Elle avait décidé que ma réponse était nécessairement en lien avec une volonté de perdre du poids.
    J’ai eu envie de lui dire que j’étais végétarienne, musulmane et allergique au bacon, pour voir ce que ça aurait donné comme réaction, mais je me suis retenue.
    Bref.
    On m’a aussi déjà tapoté la bédaine en cabine d’essayage en me demandant si j’étais enceinte, et que si non, je devais maigrir de 5-10 livres! (j’avais une amie qui me conseillait pour les vêtements et cette dame d’une soixantaine d’année est venue s’en mêler, comme si on était dans un mauvais film ou dans un genre de caméra cachée!)
    Bref,
    Ces expériences confirment ce que vous dites.
    Heureusement il y a de plus en plus de campagnes et d’initiatives collectives et individuelles pour nous faire apprécier nos corps tels qu’ils sont.
    Peut-être qu’un jour les filles du primaire arrêteront de se trouver grosses dès leur 5ième année..
    Et félicitations encore pour ce blogue, il est savoureux!

  8. Contente d’avoir satisfait notre patiente par cette clinique sociologique. Merci pour ce commentaire Utopia 24. Tes savoureux exemples nous donne encore envie d’écrire sur le sujet…

  9. DIANE3282 dit :

    Bonsoir, j’aimerais discuter par mails de votre article dans le cadre d’une étude sur les régimes amaigrissants (thèse de médecine générale), merci ! @+

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